Conclusion

En conclusion – bien que l’ostéopathie, depuis STILL, ait évolué en diversifiant ses méthodes – les principes, la philosophie, les objectifs restent les mêmes.

Le Docteur MAIGNE admet que ‘la plupart des successeurs d’ A.T. STILL ne firent qu’utiliser et perfectionner, d’une façon remarquable d’ailleurs, ses techniques manuelles ».

Il reconnaît en outre que « la douceur des manoeuvres qu’utilisent les ostéopathes, le grand nombre de celles-ci et leur habileté à les pratiquer leur permettent de faire sur des diagnostics discutables des traitements manuels efficaces ».

Le Docteur LAVEZZARI confirmait déjà à son époque que « les ostéopathes ont montré depuis longtemps la fragilité relative du tissu nerveux, et surtout des racines sensitives et motrices. Ils savent qu’un choc, même léger, a parfois de grosses répercussions sur tout l’organisme; et c’est pourquoi ils proscrivent d’une façon absolue la pratique de l’ostéopathie par des gens non spécialisés. »

Mais qui sont ces gens spécialisés ? des médecins ? des kinésithérapeutes ? Pourquoi pas les deux à condition d’avoir suivi de sérieuses études ostéopathiques ?

Le Docteur AMOYEL concède volontiers : « y a-t-il personnage plus au contact de son malade, par ses mains, qu’un kinésithérapeute? S’il en existe un qui devrait justement connaître la mécanique du corps, c’est bien lui ! ».

Il est souhaitable qu’un jour ou l’autre, des spécialistes de la charpente humaine soient formés, chacun dans son domaine, à la thérapeutique manipulative.

L’octroi d’une telle compétence, après des études approfondies sous tutelle médicale, rapprocherait logiquement – et avec intérêt – les mondes médical et paramédical informés officiellement de ce que sont leurs droits et leurs devoirs. »

On peut et on doit proposer mieux.

Ainsi la solution américaine citée dans le Généraliste n° 1240 est à prendre en compte :

Les futurs médecins et les futurs ostéopathes, dont les études sont parallèles, y reçoivent certains cours en commun et d’autres propres à leur discipline pendant leurs quatre premières années d’études médicales sanctionnées par un examen; puis les uns comme les autres complètent leur pratique par un an d’internat et plusieurs années de résidanat s’ils désirent obtenir une spécialité. Actuellement, il n’y a donc plus de différence entre les DO (docteurs en ostéopathie) et les MD (docteurs en médecine) américains : leur cursus universitaire est identique et ils figurent dans l’équivalent des pages jaunes de l’annuaire sous la même rubrique de physicians ou surgeons.

Notre Organisation craint par dessus tout que l’ostéopathie se dévalorise si on l’amalgame aux médecines manuelles; elle se trouverait cantonnée à jouer les rôles secondaires, à n’être plus qu’un catalogue de techniques, certaines effectuées par des médecins, d’autres par des kinésithérapeutes : le patient, les organismes sociaux soucieux de rentabilité et d’efficacité, auraient tout à y perdre.

Pour les mêmes raisons, le SNOF ne pouvait envisager les deux solutions suivantes :

*par exemple, si on prend en compte la finalité de l’acte, c’est-à-dire la suppression du mal, on pourrait rattacher l’Ostéopathie à la Médecine en tant que spécialité, capacité ou simple « orientation », quitte à prévoir des dispositions particulières pour les ostéopathes non-médecins, faisant preuve de leurs compétences et exerçant actuellement ou, pour le moins, depuis un certain temps.

*de même, si on prend en considération l’importance du geste manuel dans l’Ostéopathie, il serait aisé d’intégrer celle-ci dans la nomenclature des actes de kinésithérapie, la seule question en suspens étant alors de savoir si elle pourrait être pratiquée, sous certaines conditions, sans ordonnance médicale.

Mais dans les deux hypothèses, l’Ostéopathie perdrait son authenticité, soit en se diluant dans l’arsenal thérapeutique de la Médecine, soit en se réduisant à n’être qu’une forme du massage thérapeutique.

La solution la meilleure, selon lui, étant l’institution pour l’exercice de l’ostéopathie d’une profession spécifique; on lui conserve toute sa valeur et son originalité et, en incluant cette nouvelle profession dans le cadre des professions médicales à côté des Médecins, des Chirurgiens-dentistes et des Sages-femmes, on la protège contre toutes les dérives en respectant les prérogatives de tous, qu’ils soient médicaux ou paramédicaux.

Encore faut-il pour ce faire que la nature, la durée et la qualité des études d’Ostéopathie soient consacrées par un diplôme d’Etat, que les praticiens Ostéopathes s’organisent en ordre professionnel et qu’ils soient dotés d’un statut fixant les conditions d’exercice de leur profession et réglementant les actes qui lui sont réservés.

C’est à ce sujet précisément que Médecine Ostéopathique, sans autre considération ou controverse théorique, prétend présenter et soutenir un programme cohérent c’est-à-dire des propositions élaborées par la commission d’études juridiques, fiscales, législatives et des propositions sur le déroulement et le programme des études d’Ostéopathie.
Une volonté clairement renforcée de défendre l’objectif.

Une cotisation très accessible.

Une plus grande participation des adhérents.

Un annuaire publiable pour ceux qui le souhaitent.

Tels sont désormais les critères fixés par les Assemblées Générales Ordinaire et Extraordinaire du 4 octobre à Paris.

MEDECINE OSTEOPATHIQUE maintient le cap, fixé il y a maintenant plus de vingt ans, qui de façon indéfectible nous conduit à revendiquer la protection du titre d’ostéopathe (différent de la protection des actes). L’ostéopathie, les patients et les véritables praticiens méritent mieux qu’un partage du titre, tare pour la profession, incompatible avec les principes fondateurs de ce métier.

BIBLIOGRAPHIES