Des objectifs

A.T. STILL, dans son autobiographie, n’a pas manqué d’affirmer que les objectifs ostéopathiques étaient Un et indivisibles, le principe essentiel étant de rétablir un équilibre perturbé où qu’il soit et quel qu’il soit.

Grâce à l’ensemble des méthodes manuelles holistiques qu’elle possède et qui sont respectueuses de l’Homme Total, l’ostéopathie agit sur des domaines souvent occultés parce qu’à connotations neuro-sensorielles, fonctionnelles, psychologiques, etc…, au moyen de techniques ostéo-articulaires entre autres.

C’est une connaissance scientifique de l’anatomie et de la physiologie au service d’une personne intelligente et habile qui peut appliquer cette connaissance au service d’un homme malade ou atteint par des contraintes, des chocs ou des chutes, ou tout autre dérangement mécanique dans son corps.
Nous considérons le corps en bonne santé comme une perfection et une harmonie, non d’une de ses parties, mais de son entier.

Votre devoir comme maître de la machine est de veiller à ce que le moteur soit gardé en parfaite condition, de façon à ce qu’il n’y ait aucun désordre fonctionnel dans aucun nerf, dans aucune veine, dans aucune artère qui nourrit et gouverne la peau, l’aponévrose, le muscle, le sang ou quelque fluide dont la circulation doit rester libre.

Après avoir éliminé les contre-indications possibles qui ne sont pas forcément évidentes aux yeux des médecins qui lui adressent des patients, l’ostéopathe se met à l’écoute des tensions qui peuvent affecter n’importe quelle articulation, n’importe quelle structure du corps, analyse ensuite les restrictions de mobilité et en dernier lieu ajuste, normalise les éléments présentant des dysfonctions.

Cela lui permet de traiter certaines maladies grâce à l’application des principes mécaniques qui régissent l’organisme humain dont il utilise les propres ressources pour l’aider à retrouver son équilibre, gage de bonne santé; son traitement permet à ses patients de raviver leurs réactions de défense et d’accélérer ainsi leurs fonctions immunitaires.

Christian MARC fait remarquer avec justesse que « l’ostéopathe est un praticien de santé qui, en libérant le mouvement physiologique perturbé, permet à l’individu de se retrouver dans des conditions de santé et de puiser dans ses propres ressources pour rétablir ses capacités d’adaptation ».

Comment ?
. en ne faisant pas de diagnostic médical mais une succession de tests biomécaniques manuels
. en se référant à l’état de santé et non à la maladie
. en ayant une approche globale de l’individu
. en utilisant des techniques manuelles douces.
Ses outils
. ses mains
. sa connaissance approfondie de l’anatomie et de la biomécanique
. sa culture scientifique,
. son écoute,
Sa philosophie
. Le mouvement c’est la vie. La vie c’est le mouvement.
. Le mouvement est effort. Tout effort induit une tension
. Toute tension implique une adaptation…
. Toute adaptation peut créer une pertubation…
. Toute perturbation peut être nociceptive…

Si l’objectif primordial est de rétablir un équilibre perturbé, le thérapeute se doit « d’accueillir une plainte qui n’a pas reçu de réponse médicale jugée satisfaisante par le patient ».
En outre, encore plus que tout autre acte thérapeutique, le traitement ostéopathique ne doit être ni douloureux, ni dangereux, comme le rappelle l’Ecole Européenne d’Ostéopathie de Maidstone (G.B.) et J.G. BURTON :
« Entre les mains d’un praticien convenablement instruit et entraîné, le traitement ostéopathique n’est jamais dangereux.

D’autre part, c’est bien rarement qu’il provoque de la douleur ou de l’inconfort; et, alors, d’une façon très momentanée. En fait, beaucoup de malades le trouvent agréable et stimulant. L’ostéopathe qualifié est un mécanicien adroit qui a consacré de nombreuses années à l’étude de l’anatomie et de la physiologie appliquées, et il sait parfaitement quand et pourquoi un traitement manipulatif est contre-indiqué.

Il a développé un sens tactile qui lui permet de détecter toute déviation des rapports normaux entre les différentes parties et organes du corps humain, et il s’est spécialisé dans une technique qui lui permet d’ajuster manuellement de telles anomalies structurales.

Le traitement ostéopathique peut être appliqué sans danger à des personnes de tout âge.
Ce n’est qu’entre les mains d’imitateurs sans qualifications et sans scrupules qu’un traitement manipulatif peut devenir très dangereux. »

De plus, même bien exécuté, un traitement ostéopathique ne peut se contenter d’être sectoriel sous peine d’être insuffisant et doit viser la résolution de la lésion primaire.

Non sans un certain lyrisme, Irvin M. KORR précise qu’une « manipulation grossière ne soulage – au mieux – que la douleur locale, car elle ne modifie que quelques uns des rapports locaux ; une manipulation bien faite soulage beaucoup plus que la douleur – le cri du corps – elle va loin vers les sources multiples de ce cri. »

Enfin, pour bien séparer le bon grain de l’ivraie, pour fustiger certains courants déviationnistes, Rollin E. BECKER manifeste pour :

« Ni imposition des mains, ni magnétisme, ni transmission d’énergie, de chaleur humaine, de « fluide » ou de quoi que ce soit, ni traitement de points spéciaux, qu’ils soient réflexes, chinois, allemands ou américains, ces techniques sont tout simplement des techniques ostéopathiques ; c’est-à-dire, fondamentalement, par définition et par essence, des techniques mécaniques manuelles. »

Dans un souci de différenciation, certains mettent en avant une ostéopathie « ostéopathique », le terme « ostéopatbique » étant délibérément employé de façon à bien distinguer l’ostéopathie pure de l’ostéopathie « médicale ».

La Société Britannique des Ostéopathes, fondée il y a plus de 30 ans, avait pour objectif principal de « préserver l »identité de l’ostéopathie ».

Il était clair déjà que l’ostéopathie telle qu’elle avait été conçue par son fondateur A.T. STILL allait être prise en étau entre la médecine allopathique d’une part et la médecine naturopathico-homéopathique d’autre part.

Aujourd’hui, il est toujours et encore nécessaire de continuer à faire valoir ce sentiment et à l’exprimer face à quelques écrivains naturopathes et médecins qui justifient le prélèvement de quelques fragments d’ostéopathie qu’ils arrivent à insérer par hasard, à leur manière, dans leur propre concept de l’univers thérapeutique.

Malgré le fait que les médecines allopathiques et les médecines naturelles soient opposées, il est curieux qu’elles soient similaires, en ce sens qu’elles croient chacune être dans le vrai et posséder la compétence dans les bribes d’ostéopathie qu’elles ont absorbées dans leur système thérapeutique.

Toutes les deux voient, en effet, dans l’ostéopathie un adjuvant limité mais toutefois utile dans le traitement de leurs problèmes de squelette (sciatiques, lumbagos, cervicalgies) où les causes de ces maux sont, d’après elles, purement structurelles et mécaniques.

Combien de fausses « sciatiques » par intoxination musculaire, par désordre organique, nécessitent un véritable traitement ostéopathique global en lieu et place de manipulations lombaires stéréotypées…?

Toutes les autres atteintes à la santé sont automatiquement traitées soit par allopathie, soit par homéopathie, naturopathie, etc…

Il est nécessaire de rappeler que les bases mêmes des traitements ostéopathiques sont l’anatomie, la physiologie, la biologie, la biomécanique, etc…

C’est grâce à des connaissances poussées dans ces domaines, étayées par des milliers d’heures d’écoutes palpatoires que l’ostéopathie peut se permettre de revendiquer un potentiel thérapeutique inestimable constitué d’un ensemble de techniques de micro-manipulations osseuses, musculaires, ligamentaires ou organiques.

Mais quelles que soient la bonne volonté, l’expérience du thérapeute et la qualité de ses techniques, il faut par dessus tout savoir humilité garder et avoir en tête que :

« si l’ostéopathie ajuste, c’est la Nature qui guérit »
(A.T. STILL)