Evolution

Toute méthode – aussi révolutionnaire soit-elle – évolue.

En 1917, Andrew Taylor STILL meurt, âgé de 90 ans.

Le courant ostéopatbique continue. Les collèges d’ostéopathie se multiplient. La deuxième génération d’ostéopathes prend le relais. C’est le cas de LITTLEJOHN qui créa en Angleterre la première école d’ostéopathie, en 1917 à Londres, le BSO (British School of Osteopathy).

Sa clinique reçoit mille patients par semaine. Cette école patronnée par la princesse Anne d’Angleterre est la première à faire connaître les principes de FRYETTE.

Elle est actuellement le centre d’où rayonne toute l’ostéopathie européenne.

Grâce aux travaux des Docteurs LOVETT et FRYETTE (début du siècle, aux Etat-Unis), il existe une base scientifique en ce qui concerne la mécanique et les mouvements physiologiques de la colonne vertébrale.

Le Docteur LOVETT a été le premier à remarquer qu’il y a deux facteurs anatomiques qui dirigent et modifient les mouvements de la colonne vertébrale :

* les corps vertébraux par l’entremise du disque intervertébral,

* les facettes articulaires, qui ont un mouvement de glissement l’une sur l’autre.

Ces deux auteurs ont constaté que les mouvements de rotation et de flexion vers le latéral (latéro-flexion) sont complémentaires. L’un n’est pas possible sans l’autre. Ils en ont conclu que ce sont les facettes articulaires, par leur glissement les unes sur les autres, qui contrôlent le mouvement des vertèbres les unes sur les autres.

Ils ont constaté en plus que c’est en raison de la rigidité relative de la courbure primaire (cyphose dorsale) qui est compensée par la flexibilité des courbures secondaires (lordoses cervicale et lombaire) que la colonne vertébrale maintient son équilibre et sa stabilité. Cela représentant une adaptation à la station debout.

En raison des lordoses et de la cyphose vertébrale, les termes de flexion et extension risquent de provoquer une certaine incompréhension dans la description des mouvements vertébraux. En ostéopathie, on parle toujours du mouvement d’une vertèbre par rapport à la vertèbre sous-jacente. C’est une règle absolue.

Les mouvements d’une vertèbre par rapport à la vertèbre sous-jacente se font selon le principe du trépied. Ce trépied est formé du plateau vertébral qui se mobilise sur le disque intervertébral et des deux facettes articulaires inférieures qui se mobilisent sur les facettes articulaires supérieures de la vertèbre sous-jacente.

C’est grâce à beaucoup de pratique et une très grande sensibilité tactile que le praticien pourra analyser l’amplitude passive des mouvements.

En raison de la facilité (toute relative) de palper les apophyses épineuses, c’est grâce à l’analyse de l’amplitude articulaire de ce mouvement de flexion-extension que le praticien peut constater la présence, par la disparition du « joint-play » d’une lésion vertébrale. Sur les mêmes principes, on analyse les mouvements de rotation-latéro-flexion.

Le Joint-Play
d’après les travaux de John Mem MENNEL

Il y a trois catégories d’articulations :
* les synarthroses, décrites comme immobiles
* les aniphiartbroses, décrites comme semi-mobiles
* les diarthroses, décrites comme mobiles

Chaque articulation de ces trois groupes possède au minimum un joint-play.
C’est le cas des synarthroses.

Les amphiarthroses et les diarthroses possèdent :
* deux surfaces articulaires
* une capsule articulaire avec ou sans synoviale
* des ligaments qui la maintiennent
* des muscles qui la mobilisent.

En principe, chaque articulation devrait se mobiliser dans son amplitude articulaire maximale.
Mais en raison des perturbations que provoquent la pesanteur, la force de gravitation terrestre et l’asymétrie fonctionnelle sur la mécanique humaine, aucune articulation ne fonctionne dans son amplitude maximale. Cela, à plus ou moins longue échéance, est l’un des facteurs favorisants de l’apparition des lésions ostéopathiques; les autres facteurs favorisants étant les perturbations psychologiques et viscérales.

L’être humain est donc sans arrêt dans un état d’équilibre mécanique instable, et comme on sait que cet équilibre mécanique est à la fois dépendant et responsable de son équilibre psychique et physiologique, cela explique les difficultés que l’ostéopathe doit vaincre pour permettre à la vitalité de ses patients de réagir positivement aux stress qui l’agressent.

Déjà, au début du siècle, Littlejohn essayait d’adapter le patient à son milieu.
C’est à John Mem Mennell, médecin à Los Angeles, que l’on doit la description et la technique de correction du joint-play :

1 . aucun segment de la colonne vertébrale ne se meut pendant le mouvement normal volontaire, sans que tous les autres segments ne se meuvent,

2 . les structures dures de la colonne vertébrale sont rarement atteintes sans qu’il y ait atteinte des tissus mous qui les soutiennent,

3 . les déviations de la normale dans le soutien de la colonne vertébrale, à savoir les membres inférieurs, bien que ne causant pas réellement de symptômes dans le dos, peuvent empêcher leur réduction jusqu’à ce qu’il y ait eu correction.

L’étendue de mouvement volontaire décrite dans les textes anatomiques, n’est qu’une partie de l’étendue du mouvement normal de toute articulation. Cette étendue du mouvement volontaire dépend entièrement de l’intégrité de l’étendue normale des mouvements involontaires que j’appelle joint-play.

Comme dans la mécanique, le jeu dans toute articulation est bien défini et sans lui, ou avec trop de jeu, la fonction des articulations devient défectueuse.

Il faut accepter que les mouvements, dans l’étendue du jeu articulaire, ne soient pas individuellement sous le contrôle des muscles volontaires, donc ne peuvent s’accomplir par une action musculaire delibérée.

Pour cette raison, leur présence ou leur absence ne peut être démontrée que par un examen passif de l’articulation, et s’ils sont absents, ils ne peuvent être ramenés qu’en provoquant un mouvement normal qui est la manipulation.

Le blocage articulaire, la dysfonction articulaire, la lésion ostéopathique (appellations qui diffèrent selon les écoles pour un même symptôme) se caractérise par la perte du joint-play de l’articulation.

Il faut donc clairement distinguer la mobilisation d’examen et la manipulation thérapeutique qui rend la liberté au joint-play. C’est d’ailleurs à ce niveau que se situe toute la difficulté de la pratique de l’ostéopathie.

Les muscles de l’articulation, les ligaments, les facettes articulaires, sont intimement intéressés dans cette technique.

Il faut donc que le praticien élimine tout le jeu articulaire actif, dépendant de l’action des muscles pour analyser le joint-play (amplitude articulaire passive de l’articulation).

Lorsque le praticien rend la mobilité à un joint-play vertébral lésé, il provoque une réaction oscillante post-agressive au niveau du système nerveux neuro-végétatif, car les éléments passant dans le trou de conjugaison sont perturbés par la perte de mobilité des facettes articulaires.

Cette réaction oscillante post-agressive a été décrite par H. LABORIT.

Tout comme le stress provoque une réaction oscillante post-agressive au niveau de l’homéostasie de chaque être, l’ajustement ostéopathique provoque le même phénomène avec en plus une perturbation de l’équilibre mécanique, afin de permettre à ces deux composantes de se rééquilibrer d’une façon plus harmonieuse, si possible.

Un nouveau courant de l’ostéopathie au début de se siècle voit le jour, grâce à William Gardner SUTHERLAND, ancien élève de STILL.

Il est le père de l’ostéopathie cranio-sacrée.

Il découvrit l’existence d’un mouvement inconnu jusqu’alors. Ce mouvement prend son origine dans le cerveau et il l’appela « Mouvement Respiratoire Primaire » composé du CRI (Cranial Rythmic Impulse). Il étudia les sutures des os du crâne pendant 30 ans pour mettre au point une méthodologie diagnostique et thérapeutique.

Au début, il désarticulait un crâne avec son canif et le réarticulait pour voir les directions dans lesquelles le mouvement des sutures était possible. Il essayait toujours de visualiser ce que les os pourraient révéler en tant que matière vivante.

Durant les années suivantes, il fit des recherches et des expériences sur lui-même. Il établit et corrigea des déformations sur son propre crâne, utilisant d’ingénieux appareils mécaniques faits à la maison, tels que sangles, casque de football modifié. . ., pour appliquer une pression sur des zones spécifiques du crâne.

Un de ses disciples, le Docteur A. HARDY relate qu’ « il avait fréquemment remarqué que, chez certains individus, les deux cavités orbitaires différaient à la fois dans leur forme et dans leur saillie : il tailla alors un bol de bois à sa mesure, y ajusta des bandages et le posa sur la portion occipitale pour provoquer ce qu’il appela une torsion. Cette expérience le plongea dans un état physique et nerveux anormal, joint à la sensation de vivre dans l’irréel. Après quelques jours, il se libéra de son mal – très aisément par ailleurs – lorsqu’il fut assuré qu’il avait bien compris.
Une autre fois, ce furent des circonstances indépendantes de sa volonté qui l’obligèrent à agir : l’extraction d’une molaire inférieure l’ayant gratifié de névralgie dentaire, il se souvint, après deux semaines de souffrances, d’avoir perçu une séparation dans la région sphéno-temporale; il étudia et appliqua aussitôt avec succès la technique propre à dissiper cette affreuse douleur. »

Il fit de même avec ses patients avec autant de réussite.

L’essence des découvertes de Sutherland était que la structure de la surface crânienne articulée indiquait qu’elle pouvait être destinée à la mobilité.

En fait, les os bougeaient très légèrement; et non seulement les articulations mais aussi le cerveau, les membranes intra-crâniennes, la moelle épinière, et les membranes intra-spinales.

Le fluide spinal cérébral enfermé fluctuait, plutôt qu’il circulait.

Il appela ce système le Mécanisme Respiratoire Primaire et formula qu’il incluait aussi la mobilité du sacrum entre les iliaques. C’était distinct de la respiration secondaire costale, des poumons, du diaphragme, et de la cage thoracique; Sutherland élaborait une nouvelle compréhension de quelques-unes des fonctions de base essentielles de notre corps.

Si « la vie est un mouvement, alors toute la vie est un échange rythmique et équilibré d’énergie, d’innombrables cycles intégrés, comme le démontrent les processus physiologiques corporels. »

Il fut nécessaire de développer une nouvelle perception sensorielle, suffisamment fine pour percevoir les altérations de ce système cranio-sacré.

Viola M. FRYMANN, Marc BOZZETTO, entre autres, ont essayé d’inculquer à leurs élèves que leur travail de base était de reconnaître, dans tout ce qui est tissu conjonctif, de la peau jusqu’aux os, les facteurs susceptibles d’influer sur la dynamique, et éventuellement de la ralentir.

« C’est pourquoi nous exerçons sans cesse une écoute palpatoire du manque de mobilité des tissus conjonctifs ».

Les secrets de l’ostéopathie résident plus dans le perfectionnement de l’investigateur lui-même que dans la recherche de manipulations nouvelles.

L’art de la palpation s’apprend par une pratique à la fois longue et assidue.

L’interprétation des découvertes palpatoires est la clé qui met en mesure de déchiffrer les besoins du patient.

Quant à l’efficacité du traitement, elle sera proportionnelle à la sensibilité, à la perceptivité et au discernement des mains en même temps qu’à l’intelligence de la synthèse élaborée par le praticien sur la base des informations dont les moyens en cause l’auront nanti.

Restait à prouver scientifiquement leurs dires, même si de nombreux praticiens en vérifient quotidiennement la réalité.

Les recherches anglo-saxonnes et américaines dans ce domaine sont volontairement ignorées des scientifiques français d’autant que méfiance existe, il est vrai, entre les uns et les autres.

Paradoxalement, les premiers à vérifier les théories de la mobilité crânienne ne furent pas des ostéopathes mais des dentistes, grâce aux travaux de PRITCHARD, SCOTT et GIRGIS qui ont démontré dès 1957 que les sutures crâniennes possédaient des structures de 5 couches de densités fort différentes.

En France, le Professeur J. DELAIRE de Nantes confirma en 1988 la théorie ostéopathique en vérifiant que :

* une suture est dabord un point de rupture : c’est parce qu’en un endroit l’os qui, normalement, doit former une plage continue est soumis à des forces de rupture que la suture apparaît.

* une suture est aussi un point de dilatation : c’est parce que la suture se distend et que les os s’éloignent qu’il y a une ossification de rattrapage et que finalement les os s’accroissent par leur périphérie.

Ainsi les ostéopathes et les orthopédistes maxillo-faciaux ont trouvé un terrain d’entente sur le rôle des sutures membraneuses et des aponévroses intra et extra-crâniennes dans le déplacement et l’équilibre des pièces squelettiques crânio-faciales et sur la responsabilité de facteurs crâniens dans l’apparition de certaines dysmorphoses et/ou dysfonctions oro-faciales.

De plus, et bien que, jusqu’à présent, les Facultés de Médecine refusent d’admettre l’existence d’un mouvement rythmique et respiratoire primaire, des recherches s’effectuent néanmoins pour en vérifier le bien-fondé.

Ainsi le C.H.R.U. de Reims (J.C. PIRE, B. SCHERPEREEL, P. BILLAUDEL, G. VILLERMAIN-LECOLIER, Y.LAVAL) a mis au point, en 1990, une technique non-invasive de mise en évidence de micro-mouvements tissulaires rythmiques chez l’homme, indépendants de la fréquence cardiaque et de la fréquence respiratoire.

C’est un début et des travaux plus précis mais plus coûteux pourraient, sans doute, déterminer l’existence d’une fréquence physiologique – chère aux ostéopathes -; mais d’ores et déjà c’est enfin reconnaître que le corps humain en général et chacune de ses cellules en particulier sont doués de mobilité et de rythmicité, choses inadmissibles il y a quelques années à peine car non analysables par les « anatomistes disséqueurs de cadavres ».

Pour ceux qui verraient dans l’ostéopathie crânio-sacrée, sinon la panacée, du moins une méthodologie exclusive, W.G. SUTHERLAND lui-même préconisait : « Le concept crânien n’est qu’une portion de la totalité ».

De nos jours, d’autres ostéopathes, élèves de SUTHERLAND et de LITTLEJOHN approfondissent les techniques et le fondement scientifique de l’ostéopathie, afin de le rendre moins empirique, et lui donner les bases scientifiques indispensables. Il faut citer WERNHAM, JONES, MITCHELL, BROOKES, FRYMANN, MAGOUN, BECKER, le physiologiste I. KORR, FRYETTE, HOOVER, UPLEDGER, etc.

François RICARD et Jean-Luc SALLE font le point sur les différentes techniques ostéopathiques apportant la preuve de leur nécessaire évolution tout en respectant les grands principes de STILL.

Classiquement, les techniques ostéopathiques sont classées en techniques structurelles et en techniques fonctionnelles.

Toutes les techniques de manipulations ne sont que des subdivisions de ces deux catégories de techniques.

Chaque technique aura une action spécifique sur un élément anatomique donné dans un but neurologique et mécanique précis.

Les buts des différentes techniques : réduire la fréquence des décharges du système gamma responsable de la contraction chronique intrafusale, afin de restaurer la mobilité articulaire.A – Les techniques structurelles. Il s’agit de toutes les techniques – quels que soient les tissus auxquels elles s’adressent – qui vont dans le sens de la barrière, contre la restriction de mobilité.

Toutes ces techniques obéissent à la loi de la non-douleur ; toute technique douloureuse est à proscrire.

Les principes généraux de ces techniques sont d’aller dans le sens opposé à la restriction de mobilité afin de briser les adhérences et de réguler le tonus musculaire en ajoutant une force supplémentaire venant du praticien ou bien du patient pour restaurer la fonction et la mobilité articulaire.

A. Les techniques rythmiques

Dans cette catégorie de manipulation, le contrôle du rythme d’application de la technique ainsi que la répétition sont prépondérants. Chaque mouvement actif ou passif s’accompagne de nombreux réflexes de régulation et d’adaptation incluant des phénomènes de facilitation ou d’inhibition. Passée une certaine limite de tension, le stretch-réflexe va s’inverser et deviendra inhibant à cause des récepteurs tendineux de Golgi.

D’autre part les techniques passives engendrent des stimulations proprioceptives dans des zones non habituellementstimulées du complexe articulaire.

Les techniques ayant ces visées utilisent les mouvements de :

. translation;

. tractions, compressions

. angulations

. poussées qui forcent la limite articulaire motrice.

a. Les techniques de stretching

Ces techniques visent à étirer les ligaments, les fascias, les muscles et les tendons en utilisant des bras de levier. On utilise une courte amplitude pour agir sur les éléments articulaires, alors qu’une grande amplitude agira sur les éléments extrinsèques, c’est-à-dire les muscles.

La force doit être appliquée lentement et graduellement afin de produire un changement et une relaxation dans les tissus.

Au fur et à mesure que les tissus changent, on augmente l’étirement afin de profiter de la nouvelle longueur acquise.
b. Les techniques de pompage

Ces techniques s’adressent essentiellement aux aponévroses et aux ligaments.

Pour libérer les tensions à ce niveau, il faut passer entre les structures osseuses et les structures aponévrotiques, il faut essayer d’aller le plus près possible des zones d’insertions.

La zone de travail étant localisée, le pompage sera réalisé par une alternance de tractions dans l’axe de la structure à étirer et de relâchements jusqu’à ce que l’on obtienne une sensation de diminution de tension et de diminution de douleur.

c. Les techniques d’articulation

Ces techniques s’adressent aux éléments périarticulaires et sont basées sur des mouvements passifs répétitifs associés à un ou plusieurs bras de levier et à un fulcrum (point fixe) afin d’augmenter la puissance.

Le praticien reçoit en permanence des informations des tissus et augmente ou bien diminue l’intensité de son action en fonction de ses sensations.

L’utilisation d’un petit rebond à la fin de l’amplitude permet de produire des changements plus rapides dans les tissus.

Ces techniques d’articulations permettent de gagner une plus grande amplitude de mouvement.

d. Les techniques avec mise en tension soutenue

Ce type de technique utilise les principes des techniques avec thrust (extension/flexion, latéroflexion et contre-rotation) : la mise en tension est amenée jusqu’à la réduction du « slack » mais le « thrust » n’est pas porté, la mise en tension est maintenue pendant que le patient respire amplement jusqu’à ce qu’un relâchement des tissus soit obtenu.

e. Les techniques d’inhibition

Ces techniques s’adressent au spasme musculaire, elles consistent à exercer une pression perpendiculairement aux fibres musculaires: cette pression est maintenue un long moment jusqu’à ce que le muscle se détende, la pression est ensuite relâchée lentement.

La technique est appliquée en fonction des réactions des tissus et du rythme respiratoire.

L’inhibition permet d’obtenir une relaxation, une augmentation de la circulation locale et une diminution de la réponse afférente.

f. Les techniques de muscle energy

Ces techniques utilisant les contractions isométriques, l’articulation est mobilisée jusqu’à la barrière motrice dans les trois plans de l’espace.

Le patient est invité à pousser dans la direction opposée alors que le praticien résiste au mouvement avec une contre-force égale à la force développée par le patient, interdisant ainsi tout mouvement de se produire.

La force nécessaire n’est jamais très élevée (5 à 10 kg) et ne doit en aucun cas produire un inconfort pour le patient.

La force contrôlée doit être appliquée lentement et relâchée lentement : après une période de contraction de trois secondes, on demande au patient de cesser lentement sa contraction pendant que le praticien diminue en même temps sa contre-force. L’articulation ne doit pas être forcée mais seulement maintenue contre la barrière. Chaque contraction musculaire est suivie d’une période de décontraction de quelques instants.

On pratique trois ou quatre séries de trois contractions : après chaque série de trois contractions musculaires, après que le relâchement ait été obtenu, le praticien profite de la nouvelle longueur musculaire acquise pour mobiliser l’articulation afin de trouver une nouvelle barrière musculaire.

Deux types de contractions musculaires sont utilisées :

les contractions isotoniques: elles permettent d’augmenter le tonus des muscles hypotoniques, dans un état d’inhibition par exemple ;

les contractions isolytiques : elles ont pour but de briser les adhérences et de lutter contre la fibrose musculaire.

Le praticien utilise une force légèrement supérieure à celle développée par le sujet de façon à faire bouger l’articulation contre la barrière.

A chaque contraction isométrique, il y a stimulation des récepteurs de Golgi qui se déchargent et qui inhibent les motoneurones alpha et gamma : à chaque nouvelle longueur gagnée le fuseau neuromusculaire est étiré et retrouve peu à peu sa longueur normale.

On peut également utiliser l’inhibition réciproque de Sherrington; le travail de l’antagoniste provoque l’inhibition de l’antagoniste.

Cette technique doit être ensuite complétée par une technique directe d’inhibition sur le muscle spasmé.

B. Les techniques avec thrusts

Elles ne doivent en aucun cas être faites hors des limites physiologiques des amplitudes de mouvements. Dans les techniques indirectes si l’on emploie une vitesse suffisante, l’écartement des facettes articulaires peut être obtenu même dans le milieu des amplitudes articulaires et sans provoquer de traumatisme. Ce type de technique a été essentiellement développée à la British School of Osteopathy.

Le thrust est appliqué parallèlement ou bien perpendiculairement au plan articulaire dans une des directions contre la barrière de l’articulation lésée. La surprise des défenses physiologiques articulaires et la séparation brusque des surfaces articulaires surprend le système nerveux central et provoque un « black out sensoriel local ». Le cercle vicieux irritatif qui entretient le spasme des petits muscles monoarticulaires est ainsi rompu et le tonus musculaire peut se normaliser.

Il est probable qu’à la suite de cette séparation à 90° des facettes articulaires, le retour en contact se réalise avec une meilleure congruence des surfaces articulaires, non génératrices d’irritation.

Quel que soit le type de thrust, les limites articulaires physiologiques sont toujours respectées. C’est la différence fondamentale qui existe entre une technique ostéopathique avec thrust, et une technique de manipulation orthopédique médicale.

Le principe est d’aller dans le sens de la lésion, dans le sens opposé à la barrière, dans le sens de la facilité jusqu’au point neutre de mobilité et de maintenir cette position d’équilibration tridimensionnelle jusqu’à libération totale des éléments périarticulaires.

Ces techniques, qui vont dans le sens de la réduction du spasme musculaire, font que le rapprochement des insertions du muscle spasmé réduit sa tension, la disparité entre fibre intrafusale diminue, ainsi le système nerveux central diminue l’activité gamma ce qui permet au muscle de se relâcher.

Dans ces techniques, il est important à la fin du traitement de ramener lentement et passivement le segment en position neutre pour ne pas relancer l’hyperactivité gamma du faisceau neuromusculaire.

1. Les techniques fonctionnelles de Hoover

Dans ces techniques une des mains du praticien guide et palpe constamment les changements qui se produisent dans les tissus, le patient coopère en se laissant mobiliser passivement, la main sensorielle qui palpe sentira s’accroître ou décroître les tensions.

Le but est de trouver chaque direction, chaque paramètre facile, de les additionner pour réaliser un chemin de traitement, une situation de relaxation totale au niveau concerné et par conséquent d’obtenir une réduction du tonus musculaire dans la zone lésée.

On utilise les paramètres majeurs de mouvements, ainsi que les paramètres mineurs de mouvements (compression/traction, glissements latéraux et antéro-postérieurs) comme dans les techniques structurelles.

2. Les techniques utilisant les points triggers de Jones

Le point trigger est une zone hyperexcitable dont la palpation déclenche des manifestations douloureuses paroxystiques, une névralgie locale et/ou une irritation douloureuse.

Cette zone d’hyperexcitabilité est située dans les tissus myofasciaux et peut être localisée au niveau :
. des aponévroses
. des muscles
. des tendons
. des capsules articulaires
. des ligaments
. du périoste.

Le point trigger n’est pas spontanément douloureux; il ne l’est qu’à la palpation.

Cependant il est responsable d’une part de douleurs référées, d »utre part du maintien de la facilitation nerveuse. Sa profondeur varie selon le tissu impliqué. Il est à différencier d’une zone corporelle en souffrance.

Il est fréquemment superposé à un point d’acupuncture.

Le point trigger musculaire se caractérise par une douleur du muscle à la palpation. La douleur locale lors de la palpation est augmentée par la contraction isométrique qui diminue sa vascularisation.

Le point trigger capsulo-ligamentaire se caractérise par une douleur à la palpation qui est augmentée par le mouvement passif jusqu’à la fin des amplitudes.

Principes de cette technique

Le but est d’amener l’articulation dans une position d’aisance afin de relâcher le spasme des muscles raccourcis :

*rechercher le point trigger avec un doigt. L’autre main recherche la position de l’articulation dans l’espace qui diminue la douleur du trigger;

*maintenir cette position pendant environ 90 secondes pour permettre à la boucle gamma de se normaliser;

*ramener très lentement l’articulation en position neutre sans provoquer de réflexe de contraction à l’étirement.

3. Mode d’action des techniques de correction spontanée par le positionnement

Le rapprochement des insertions du muscle diminue sa tension. Au fur et à mesure que l’on va dans le sens de la facilité la disparité entre les fibres intrafusales et les fibres extrafusales diminue.

Le système nerveux central diminue l’activité gamma ce qui permet au muscle de retrouver sa longueur initiale : on doit revenir lentement en position neutre afin de ne pas entraîner d’activation du système gamma.
4. Les techniques fonctionnelles indirectes

Ces techniques combinent les principes du structurel et du fonctionnel. Dans ce type de techniques on cherche à gagner de l’amplitude contre la barrière dans un seul paramètre de mouvement, généralement le paramètre majeur.

On place l’articulation contre la barrière dans le sens du paramètre que l’on veut libérer, et en maintenant cette position contre la barrière, on recherche tous les autres paramètres de mouvements facilités, et à chaque fois on gagne en amplitude contre cette barrière.

C. Les techniques neuromusculaires

La technique neuromusculaire est une vieille méthode hindoue de manipulations, modernisée et perfectionnée par un ostéopathe, Stanley LIEF.

Les tissus mous sont à l’origine de grandes douleurs qui sont :
. localisées
. ou générales.

Ces douleurs ont une origine :
. réflexe (un organe projette une douleur à distance);
. ou irradiée (comme le trajet des méridiens d’acupuncture).

Les tissus mous représentent 60 % du corps et comprennent les muscles, les fascias, les aponévroses, les capsules. Ces tissus mous, comme toute partie humaine, consomment de l’énergie.
Ils ont une activité biochimique ou biomécanique.

L’étirement rythmique et forcé du muscle est transmis au faisceau neuromusculaire. Le système nerveux central est obligé par mesure de protection de diminuer l’activité gamma.

D’autre part, les récepteurs tendineux de Golgi et des fascias de Ruffini provoquent une inhibition des motoneurones alpha et gamma.

S’il y a des adhérences dans les tissus mous, l’influx nerveux passera plus difficilement (Stanley Lief).
Cela aura pour conséquence que les muscles vont durcir, se fibroser, entraînant l’arrêt du passage de l’influx nerveux. Le traitement supprime ces obstructions.

L’équilibre peut être restauré et entraînera une augmentation de la circulation dans la zone figée.
Lors d’une lésion ostéopathique, l’articulation, les muscles, les ligaments, les aponévroses, les fascias, le sang sont étroitement impliqués. Il faut donc normaliser ces tissus mous, en éliminant les interférences qui peuvent couvrir toutes les lésions possibles.

C’est avec le pouce ou les doigts que l’on appréciera la résistance à la pression, la contracture ou les spasmes dans les tissus, ainsi que la douleur.

La lésion neuromusculaire est liée à quatre points :

. la congestion des tissus conjonctifs est localisée
. il y a perturbation de l’équilibre du pH dans ces tissus
. il y a présence d’une infiltration fibreuse
. les contractures musculaires sont chroniques avec un échange
soit hypertrophique, soit hypotrophique.

Elle est provoquée par cinq causes :

. les mauvaises postures
. un traumatisme localisé
. une intoxication musculaire (toxémie)
. une carence diététique (manque de magnésium, fer, cuivre, etc.)
. des causes psychologiques entraînant des tensions musculaires.

Les lésions sont décelables par leur hypersensibilité, surtout au niveau :

. de l’occiput
. des paravertébraux
. des crêtes iliaques
. des muscles intercostaux.

Le neuromusculaire doit supprimer la douleur et restaurer la mobilité pour :

. éviter une manipulation
. préparer à une manipulation pour éviter les effets secondaires (inflammation, douleur)
. soulager du stress, ce qui entraîne une relaxation de ces tissus.

La Vie est Mouvement aussi bien dans l’Univers que chez l’Homme.
L’immobilité, la Stase, c’est la Mort.

Les organes n’échappent pas à cette règle et l’ostéopathie viscérale a pris un large essor ces dernières années sous l’impulsion de praticiens anglais et français.

Dans leur Etude biométrique de la dynamique phréno-médiastino-viscérale (1988) G. FINET, C. WILLIAME et M. BEAUFORT ont tout d’abord cherché à « définir l’imagerie qui permettrait une approche optimale des organes, établir un protocole et une méthodologie stricts; au fil des travaux, recenser les sources d’erreur, les sérier, les analyser et les contourner, réaliser les examens et les lire, rechercher la collaboration d’un statisticien capable de comprendre nos motivations et de mettre sur pied un programme, interpréter les résultats; bref, s’entourer de toutes précautions nécessaires et suffisantes, condition sine qua non à la réalisation d’un travail fiable.

En tout, trois ans de recherches, vingt-quatre heures d’enregistrement de films vidéo, trois mille clichés radio et échographiques pour faire apparaître qu’en tout état de cause une dynamique répétitive et organisée existe bien au niveau viscéral ».

Ces trois ostéopathes belges ne s’en sont pas tenus là et continuent leurs recherches avec le même souci de rigueur.

Nos contacts répétés avec des radiologues nous ont appris que ceux-ci s’interrogent à propos du diagnostic négatif devant des symptômes de dysfonctionnement viscéral. Ils se sont montrés intéressés par notre démarche. Il conviendrait donc de trouver un moyen informatisé performant pour calculer les déplacements viscéraux dans le cadre d’un examen radiologique classique, car il faut avouer que l’application journalière des examens du type de ceux que nous avons utilisés n’est pas aisée.

Les mesures telles que nous les proposons sont fastidieuses, longues et donc incompatibles avec une pratique courante. Nous travaillons à ce projet, mais les embûches techniques ne manquent pas, la plus complexe étant de définir le contour organique à saisir par l’ordinateur.

L’étude biométrique d’un organe met en évidence une perturbation de la dynamique qui semble en relation avec les troubles fonctionnels souvent qualifiés par la médecine de psychosomatiques. Pourtant, la clinique montre qu’un tel trouble évolue quasi inévitablement, dans les années suivantes, du fonctionnel vers le lésionnel. L’analyse biométrique permettrait ainsi de suspecter très précocement la genèse d’une lésion, avant même ses manifestations radiologiques ou échographiques. Nous étudions actuellement l’évolution d’un groupe de patients exempts de lésions, mais perturbés dans leur dynamique viscérale, sur la base de nos dossiers établis en 1985.

Ces mouvements physiologiques, sous l’influence du diaphragme, des différents organes constitutifs de la sphère abdominale et digestive, l’ostéopathe – grâce à son habileté manuelle – les analyse méticuleusement afin de trouver d’éventuelles tensions et d’y remédier.

François RICARD et Jean-Luc SALLE résument clairement leur approche personnelle de l’ostéopathie viscérale :

« Les viscères assurent le fonctionnement du corps dans son ensemble. Il existe des lésions propres aux viscères, comme il existe des lésions ostéopathiques des vertèbres, ou des différentes articulations. En ostéopathie les viscères ne sont pas considérés différemment d’une articulation. Les viscères qui souffrent manifestent souvent leurs problèmes à distance. »

TABLEAU DES CORRESPONDANCES ORGANES VERTEBRES.pdf

I – Fonction viscérale et lésion ostéopathique

Toutes atteintes pathologiques entraînent une fixation viscérale. Le viscère cesse d’être libre dans la cavité à laquelle il appartient, il se trouve de ce fait solidaire d’une autre structure. Si le corps n’arrive pas à s’adapter à cette situation, il développera un trouble fonctionnel qui à son tour, si l’adaptation est inadéquate, entraînera un trouble structurel.

Le traitement visera à stimuler le viscère, à lui restituer sa mobilité primitive physiologique L’ostéopathe doit traiter tous les mouvements dans le corps humain. L’ostéopathie est l’art de provoquer une autocorrection de l’organisme. La manipulation viscérale est l’un de ces moyens.

Un organe est en bonne santé s’il est mobile, par rapport aux séreuses, aux fascias, aux ligaments qui l’entourent.

Toutes pertes de mobilité, fixation, adhérence à une autre structure, modifient le mouvement du viscère et entraînent les pathologies.

Le but du traitement est de supprimer les afférences nociceptives périphériques (vertébral) ou viscérales qui entretiennent le spasme de la musculature lisse intraviscérale.

Avant un traitement viscéral, il faudra normaliser la lésion vertébrale.

Pour se manifester l’organe lésé utilise :

. la voie pariétale (innervation rachidienne de l’organe)

. ou la voie viscérale (fibres nerveuses du système nerveux autonome).

On assistera :

. à des douleurs projetées sur une région éloignée de l’organe : c’est la voie viscérale

. ou à des douleurs au niveau de l’organe.

II – Les techniques directes

Elles concernent la mobilité de l’organe. Cette technique consiste tout d’abord à exercer une légère traction afin de mettre le viscère ou une partie de celui-ci en tension, puis à le mobiliser, tout en gardant cette tension. Progressivement, on relâche cette tension, tout en continuant la mobilisation. Le principe est en fait de mettre l’organe sous tension par une traction avant de le mobiliser.

III – Les techniques indirectes

Elles utilisent un appui direct sur le viscère, qui le met en tension et c’est la mobilisation passive d’un bras de levier qui agira sur l’organe. On utilise cette technique lorsque l’on ne peut atteindre un organe par une méthode directe.

IV – Les techniques d’équilibration fonctionnelle « sensorielle » des viscères

Outre les techniques classiques viscérales, nous utiliserons deux types de techniques supplémentaires :

. équilibrations sensorielles des viscères

. équilibrations des points triggers viscéraux en appliquant les principes de Jones au niveau des organes.

a. Equilibrations sensorielles des viscères

Les buts de cette technique sont de supprimer :

* les afférences nerveuses nociceptives viscérales
* les spasmes du tractus gastro-intestinal
* les tensions faciales
* l’angiospasme et la stase locale, d’induire un état de calme tissulaire.

b. Equilibrations des points triggers viscéraux

Les buts de cette technique sont de supprimer :

* les spasmes des sphincters qui perturbent le transit intestinal,
* les afférences nociceptives issues des viscères responsables de l’entretien de l’arc réflexe médullaire pathologique.

L’Ostéopathie a toujours affirmé pouvoir soigner ses patients dans leur globalité mais aussi dans leur totalité.

Dans leur globalité, non seulement parce qu’en traitant n’importe quel territoire d’un individu elle soigne cet individu dans son intégralité; dans leur totalité parce que délaissant le symptomatique, l’ostéopathie s’attache à rechercher l’origine des déséquilibres, la lésion primaire, cause de l’installation en cascade de troubles aussi nombreux que variés.

Il n’est pas facile de remonter à la source des problèmes, la plupart du temps d’origine traumatique, mais elle existe toujours, souvent silencieuse, indolore, tant qu’on ne la « titille » pas.

Une fois cette lésion primaire enlevée le résultat thérapeutique ne peut être que très bon et durable.

Si l’on traite seulement la dernière lésion, c’est-à-dire celle qui amène le patient en urgence, soit il y aura récidives de plus en plus rapprochées, soit le traitement sera inefficace parce qu’inapproprié : c’est bien là une des différences fondamentales entre la vision médicale et la vision ostéopathique.

Exemple : un patient, depuis une huitaine de jours, se plaint de son genou droit qui le fait boîter; son médecin généraliste lui a ordonné des médications anti-inflammatoires, puis quelques séances de rééducation.

Devant la continuation des symptômes, le patient est adressé chez un spécialiste; si ce dernier est rhumatologue il effectuera une ou deux infiltrations et prescrira une IRM. S’il est médecin ostéothérapeute il lui « débloquera » sa colonne lombaire, car la boiterie lui a réveillé une vieille sciatalgie, avant d’infiltrer son genou.

Quelques mois après, une espèce de chronicité s’est installée avec des épisodes douloureux intermittents. Un chirurgien consulté proposera une menisectomie car une fissure, sans doute ancienne, est présente…

La vision ostéopathique sera toute autre. Le patient, n’ayant eu aucun traumatisme récent de son genou souffle donc de lésions adaptatives. Il présente en réalité un léger déséquilibre de sa voûte plantaire droite avec un cuboïde en restriction de mobilité (séquelles d’une entorse très ancienne et non soignée).

Une fois la mobilité du pied recouvrée, le déséquilibre plantaire éliminé, son genou n’étant plus en porte-à-faux dégonflera, retrouvera une amplitude articulaire correcte et comme par miracle le patient ne souffrira plus de sa sciatique puisqu’elle était la conséquence d’une cascade de petits déséquilibres ayant provoqué in fine un pincement articulaire de sa charnière lombo-sacrée.

Point n’était besoin de s’acharner à manipuler sa 5ème lombaire, voire à extraire chirurgicalement sa « protrusion » discale, point n’était besoin d’opérer son genou, il fallait tout simplement raisonner avec « nos mains qui sentent, qui voient et qui savent » comme aimait à le répéter A.T. Still.

A chaque problème, écoute et technique différentes, suivant sa localisation, son ancienneté, etc.

Pour simplifier et résumer ce chapitre, font partie intégrante de l’ostéopathie :

*Les techniques vertébrales qui s’intéressent aux mouvements des vertèbres et des côtes.

* Les techniques périphériques qui s’intéressent aux mouvements des différentes articulations des membres.

* Les techniques crâniennes qui s’intéressent aux micro-mobilités des structures du crâne.

* Les techniques viscérales qui s’intéressent aux mouvements des différents viscères et organes les uns par rapport aux autres.

* Les techniques d’écoute qui s’intéressent aux mouvements spontanés des tissus du corps.

* Les techniques fasciales qui s’intéressent aux mouvements transmis par les différentes enveloppes des structures du corps.

* Les techniques énergétiques qui s’intéressent à la circulation des différentes énergies parcourant le corps.

* Les techniques fluidiques qui s’intéressent à la circulation des différents liquides dans le corps.

* Les techniques somato-émotionnelles qui s’intéressent à la libération somato-émotionnelle du corps.

Toutes ces techniques constituent la palette dans laquelle puise tout ostéopathe après avoir

observé,
écouté,
interrogé
réalisé une succession de bilans biomécaniques.

Ces techniques ostéopathiques de rétablissement du mouvement physiologique permettent à l’organisme de se rééquilibrer.

Elles sont douces, non iatrogènes et peuvent s’effectuer sur toutes les régions du corps.
Rollin E. Becker, ancien président de l’American Osteopatbic Association, ostéopathe à Dallas dans le Texas déclarait en 1971:

« Je ne me rappelle plus à quel moment les mots « lésion ostéopathique » disparurent de mon lexique personnel et de ma compréhension des mécanismes du corps. Mais quelque part le long de la ligne de bien des années de pratique, la lésion ostéopathique se transforma soudainement en quelque chose qui n’était plus qu’un poteau indicateur, une sorte d’indication qu’une dysfonction potentielle était présente dans le corps du patient.

En tant qu’entité clinique, la lésion ostéopathique indique qu’une distorsion fascio- ligamentaire s’est produite, altérant localement les relations articulaires du mécanisme, et permettant ainsi aux articulations impliquées de se conformer aux altérations plus importantes survenues dans les fascias et les ligaments d’une région tout entière. Le résultat local consiste en un contact faussé au niveau de deux facettes articulaires appartenant aux mécanismes vertébraux ou pelviens. C’est donc une indication que, chez ce patient, une région exprime une certaine forme de dysfonction : par elle-même, la lésion ostéopathique n’est la cause de rien. Et c’est la distorsion des fascias et des ligaments qui provoque et maintient ce mauvais contact articulaire.

L’approche du patient étant fort différente de la vertébrothérapie, les techniques le sont bien davantage encore.

Si un segment articulaire, quel qu’il soit, est bloqué ou presque immobile, comment nos manipulations ostéopathiques vont-elles se différencier des manipulations médicales qui le poussent directement « dans le droit chemin »?

Ce qui cause l’immobilisation partielle d’une articulation ce sont les tensions discordantes des tissus environnants. Au fur et à mesure que ces tensions diminueront et au moment où les tissus retrouveront leur état d’équilibre et d »échanges réciproques, la vertèbre « en lésion » n’aura plus qu »une possibilité, toujours la même: se rééquilibrer d »elle-même par rapport au nouveau schéma fonctionnel qui lui est offert; autrement dit, reprendre un mouvement amélioré dans la direction exacte et dans la mesure précise où cela est possible et désirable, et non pas en suivant une direction et en obéissant à une intensité imposée de l »extérieur. Le praticien n’aura pas eu à effectuer une correction ; les forces biodynamiques rééquilibrées s’en seront chargées d’elles-mêmes. Elles ne peuvent pas faire autrement : il n’y a pas d’autre possibilité. »

Dans cette optique d’ostéopathie globale, étayée de manipulations douces, Jacques Andreva DUVAL précise que :

« Le grand principe de l’ostéopathie est l’autocorrection grâce à une espèce de force corrective intérieure capable de se propager dans tout le corps grâce à la fluctuation du liquide céphalo-rachidien formé dans le Système Nerveux Central, contenu dans les méninges et contrôlé par elles, puis diffusé à travers tout l’organisme par les microtubules fascio-aponévrotiques ».